{"id":274,"date":"2024-06-14T15:44:36","date_gmt":"2024-06-14T13:44:36","guid":{"rendered":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/?p=274"},"modified":"2024-10-26T14:44:22","modified_gmt":"2024-10-26T12:44:22","slug":"rendez-vous-avec-pierre-yves-pechoux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/2024\/06\/14\/rendez-vous-avec-pierre-yves-pechoux\/","title":{"rendered":"Rendez-vous avec Pierre-Yves P\u00e9choux"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_4683-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-275\" srcset=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_4683-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_4683-300x225.jpeg 300w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_4683-768x576.jpeg 768w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_4683-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_4683-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Au <a href=\"https:\/\/www.ladepeche.fr\/2023\/06\/11\/le-bar-du-matin-a-toulouse-a-fete-ses-200-ans-de-mere-en-fille-avec-un-nouveau-zinc-11252403.php\">Bar du Matin <\/a>\u00e0 Toulouse &#8211; 14 juin 2024.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pierre-Yves P\u00e9choux raconte son parcours professionnel et personnel dans les ann\u00e9es 1960, notamment sa premi\u00e8re affectation en tant que professeur au lyc\u00e9e Clemenceau \u00e0 Reims. L\u00e0, il a fait la connaissance d\u2019Alain Badiou, alors jeune enseignant, et a int\u00e9gr\u00e9 un groupe de jeunes professeurs, tous affect\u00e9s \u00e0 une classe difficile de premi\u00e8re. Il d\u00e9crit la solidarit\u00e9 au sein de ce groupe, le comparant \u00e0 un kibboutz. Il \u00e9voque \u00e9galement son refus de travailler en Alg\u00e9rie \u00e0 cause de la situation coloniale qu\u2019il avait d\u00e9couverte durant un s\u00e9jour de travail et de recherche en Tunisie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s deux ans d\u2019enseignement, Pierre-Yves P\u00e9choux exprime son \u00e9puisement et son souhait de quitter le lyc\u00e9e pour un poste d\u2019assistant \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Il raconte comment, gr\u00e2ce \u00e0 son bon dossier acad\u00e9mique, il a obtenu un poste \u00e0 Toulouse, ville o\u00f9 il a rencontr\u00e9 Raymond Badiou, le p\u00e8re d\u2019Alain, ancien maire de la ville et figure de la R\u00e9sistance.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pierre-Yves P\u00e9choux aborde aussi ses r\u00e9flexions politiques, son engagement anti-colonialiste, ses relations avec le Parti communiste fran\u00e7ais (PCF), ainsi que son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019\u00e9cologie politique. Il se souvient de sa participation active dans les luttes sociales et des influences intellectuelles marquantes de cette p\u00e9riode.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Pierre-Yves Pechoux<\/strong>, pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 de g\u00e9ographie de Toulouse &#8211; professeur agr\u00e9g\u00e9 de g\u00e9ographie &#8211; ancien expert du United Nations Development Programm &#8211; ma\u00eetre de conf\u00e9rences de l&#8217;universit\u00e9 Toulouse.<\/p>\n\n\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 Alain Badiou au lyc\u00e9e Clemenceau \u00e0 Reims lors de ma premi\u00e8re affectation. Nous \u00e9tions \u00e0 l\u2019\u00e9poque un petit groupe de professeurs qui \u00e9tions rapproch\u00e9s les uns des autres par notre jeune \u00e2ge et notre exp\u00e9rience limit\u00e9e\u2026. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Nous \u00e9tions affect\u00e9s comme d\u00e9butants \u00e0 la premi\u00e8re M Prime qui \u00e9tait une classe de niveau concentrant les moins bons \u00e9l\u00e8ves. Nous formions un groupe uni entre un professeur de physique<i> ulmien<\/i>, une professeure de math\u00e9matiques<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><i>s\u00e9vrienne<\/i>, un professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie <i>cloutier<\/i> et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>quelques autres qui avaient simplement le CAPES, dont l\u2019un s\u2019exprimait avec un accent catalan qui surprenait les \u00e9l\u00e8ves. Dans ce groupe, nous avions int\u00e9gr\u00e9 le professeur de gymnastique pour prendre en compte toutes les disciplines d\u2019une classe qui n\u2019\u00e9tait ni facile ni brillante. On a fonctionn\u00e9 un peu comme un kibboutz. On se retrouvait midi et soir \u00e0 la cantine parce que, submerg\u00e9s par le travail, on n\u2019avait pas le temps de faire la cuisine chez nous quand par hasard on avait un chez nous. Nous logions tous dans des chambres lou\u00e9es.\u00a0 On avait d\u00e9cid\u00e9 de travailler ensemble \u00e0 am\u00e9liorer cette premi\u00e8re. Alain Badiou \u00e9tait proche de nous par l\u2019\u00e2ge et par l\u2019origine alors qu\u2019il n\u2019y a pas de philosophie en premi\u00e8re. On s\u2019entendait bien. Notre travail et notre classe nous unissaient. Notre volont\u00e9 \u00e9tait de r\u00e9pondre par des r\u00e9sultats aux autorit\u00e9s du lyc\u00e9e qui nous avaient affect\u00e9s, bien que d\u00e9butants,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e0 une classe difficile. Nos moyens \u00e9taient m\u00e9diocres et nous faisions face \u00e0 une \u00e9quipe de trente-huit jeunes gens. Il n\u2019y avait d\u00e9j\u00e0 pas assez de profs. J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9 comme le quatri\u00e8me professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie dans un \u00e9tablissement \u00e0 qui il en avait \u00e9t\u00e9 promis dix. Tous les autres \u00e9taient des rempla\u00e7ants r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s \u00e0 droite \u00e0 gauche. On voulait tenir nos \u00e9l\u00e8ves et on avait d\u00e9cid\u00e9 pour cela qu\u2019on d\u00e9ciderait aussi ensemble<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>de la fa\u00e7on dont le professeur de gymnastique conduirait ses cours. Alain Badiou partageait notre table. Nous ne croisions gu\u00e8re<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>les autres professeurs,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>plus \u00e2g\u00e9s que nous, car ils \u00e9taient en m\u00e9nage. C\u2019est pourquoi j\u2019emploie le terme de kibboutz pour tous ceux de la M prime.\u00a0<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9 au lyc\u00e9e en novembre 1962 avec du retard. Au<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>lendemain du jour o\u00f9 j\u2019avais obtenu l\u2019agr\u00e9gation. Un membre du jury de l\u2019agr\u00e9gation m\u2019avait affirm\u00e9 que je devais enseigner en Alg\u00e9rie. A ses yeux, cela \u00e9tait la contrepartie de mon passage dans une grande \u00e9cole. Je me suis vivement oppos\u00e9 \u00e0 cette perspective. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 un an en Tunisie pour y pr\u00e9parer mes m\u00e9moires de dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures. En outre, j\u2019avais un tr\u00e8s bon camarade d\u2019Ecole dont les parents, cultivateurs \u00e0 Sainte-Barbe-du-Tl\u00e9lat, \u00e0 27 km au sud-est d\u2019Oran, m\u2019avaient d\u00e9crit la situation coloniale. Mon camarade m\u2019avait expliqu\u00e9 comment en Alg\u00e9rie, d\u00e8s le primaire, l\u2019\u00e9cole \u00e9tait un instrument de discrimination. Je savais qu\u2019au lyc\u00e9e c\u2019\u00e9tait encore plus compliqu\u00e9 dans les pr\u00e9fectures d\u2019Oran ou d\u2019Alger. Je doutais de pouvoir enseigner histoire &amp; g\u00e9o comme mes ma\u00eetres me l\u2019avaient appris\u2026<\/p>\n<p>Au cours de ma deuxi\u00e8me ann\u00e9e au lyc\u00e9e Clemenceau \u00e0 Reims, je commen\u00e7ais \u00e0 en avoir marre du lyc\u00e9e. J\u2019avais confi\u00e9 \u00e0 mes anciens professeurs de la Sorbonne que je souhaitais devenir assistant dans le sup\u00e9rieur. A l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait pas de commission nationale pour \u00e9valuer les m\u00e9rites et les comp\u00e9tences des candidats \u00e0 un poste d\u2019assistant. C\u2019\u00e9tait la r\u00e9putation qui tenait lieu de viatique. Assez bon \u00e9tudiant et re\u00e7u \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation, j\u2019avais fait l\u2019effort qui \u00e9tait rare \u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u2019aller travailler en Tunisie pour b\u00e2tir mes deux m\u00e9moires de dipl\u00f4me. Par la suite, miraculeusement, un conclave de la Sorbonne r\u00e9unissant le doyen et quelques proches, m\u2019avait attribu\u00e9 le prix destin\u00e9 \u00e0 un bon \u00e9tudiant qui avait fait un bon travail. Ce prix fond\u00e9 avec la fortune d\u2019un professeur qui avait \u00e9tudi\u00e9 le Chine \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle n\u2019\u00e9tait pas prestigieux mais il a compl\u00e9t\u00e9 le tableau pour am\u00e9liorer ma pr\u00e9sentation. J\u2019ai appris un peu plus tard, quand j\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 faire savoir que je souhaitais devenir assistant, que des parisiens avaient consult\u00e9 quelques professeurs de g\u00e9ographie en province qui ne voyaient pas d\u2019objection \u00e0 ce que je sois invit\u00e9 quelque part. Un poste d\u2019assistant, ce n\u2019est que pour 3 \u00e0 4 ann\u00e9es pendant lesquelles il faut faire ses preuves\u2026 J\u2019ai \u00e9t\u00e9 re\u00e7u \u00e0 Aix-en-Provence et alors que je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 m\u2019y rendre, je re\u00e7us un message venant de la Fac de lettres, rue Albert Lautmann, me signalant que je pouvais \u00eatre assistant \u00e0 Toulouse, ajoutant que c\u2019\u00e9tait \u00ab \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser \u00bb. Je ne m\u2019\u00e9tais rendu qu\u2019une seule fois \u00e0 Toulouse lors d\u2019une correspondance \u00e0 la gare Matabiau. Je rappellais Alain Badiou, car je savais qu\u2019il \u00e9tait toulousain m\u00eame s\u2019il n\u2019en avait pas du tout l\u2019accent. Il est vrai qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Rabat. Il m\u2019encouragea \u00e0 me pr\u00e9senter \u00e0 son p\u00e8re. Le papa aurait r\u00e9pondu \u00ab envoie-moi ton copain, on d\u00e9jeunera ensemble \u00e0 la maison. \u00bb Je suis all\u00e9 \u00e0 la C\u00f4te Pav\u00e9e apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 mes futurs coll\u00e8gues qui m\u2019avaient, rue Lautmann , pos\u00e9 trois questions en observant mes fringues et en v\u00e9rifiant que je ne fumais pas. Ce dernier d\u00e9tail constituait le d\u00e9faut le plus condamnable pour ces \u00e9minents professeurs.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que j\u2019ai rencontr\u00e9 Raymond Badiou. Je savais que c\u2019\u00e9tait un grand bonhomme puisqu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 choisi par les caciques de la R\u00e9sistance pour prendre la place de maire de la commune. D\u2019autre part, je connaissais le personnage car il \u00e9tait parfois mentionn\u00e9 dans un des rares m\u00e9dias de l\u2019\u00e9poque qui se mobilisaient contre la guerre en Alg\u00e9rie, \u00e0 savoir <i>L\u2019Express<\/i>. On croyait le conna\u00eetre comme \u00e9tant quelqu\u2019un qui partageait nos combats de jeunes professeurs anticolonialistes. J\u2019ai d\u00fb lui poser quelques questions sur Toulouse et il m\u2019a certainement dit que c\u2019\u00e9tait une ville vivable.\u00a0<\/p>\n<p>De toutes fa\u00e7ons, je voulais sortir de Reims o\u00f9 je turbinais trop. Statutairement, je devais donner 17 heures de cours par semaine au lyc\u00e9e mais le proviseur m\u2019avait refil\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 26 heures et demie,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>avec des classes qui avaient \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es au coup par coup par des professeurs diff\u00e9rents. J\u2019avais eu affaire \u00e0 la fois<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>jusqu\u2019\u00e0 quatre premi\u00e8res, dont<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>aucune n\u2019en \u00e9tait au m\u00eame stade d\u2019avancement du programme de premi\u00e8re. Et \u00e0 d\u2019autres, de la quatri\u00e8me \u00e0 la seconde\u2026 Pr\u00e9parations, interrogations \u00e9crites et orales, corrections\u00a0: c\u2019\u00e9tait harassant. Je ne faisais que \u00e7a et je lisais un peu le journal\u00a0:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><i>Le<\/i> <i>Monde<\/i> -que j\u2019avais appris \u00e0 lire d\u00e8s l\u2019hypokh\u00e2gne, puis \u00e0 acheter alternativement avec mon cothurne d\u00e8s l\u2019apr\u00e8s-midi sur le boulevard Saint-Michel &#8211; et <i>L\u2019Express<\/i>. Hors du lyc\u00e9e et en plus du labeur de pr\u00e9paration des cours,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>j\u2019allais garder la Bourse du travail qui \u00e9tait menac\u00e9e par les fachos du l\u2019OAS. Car Les syndicats n\u2019avaient pas assez de monde pour s\u2019y<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>relayer. et nous leur pr\u00eations main<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>forte.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 Toulouse, j\u2019ai retrouv\u00e9 Raymond Badiou pour le solliciter. Bien que je fusse le plus r\u00e9cent, le moins toulousain et le plus \u00e9tranger, mes coll\u00e8gues m\u2019avaient affect\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019un texte sur Toulouse pour une \u00e9dition de <i>Notes et Etudes documentaires<\/i> des \u00e9ditions de la Documentation fran\u00e7aise.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Je ne sais plus si l\u2019ancien maire m\u2019a beacoup aid\u00e9, mais j\u2019ai<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>gard\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>l\u2019image d\u2019un bonhomme sympathique que j\u2019admirais car il avait r\u00e9ussi quand il \u00e9tait maire de la ville \u00e0 la r\u00e9parer, la moderniser et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>\u00e0 faire ses cours de math\u00e9matiques en classe pr\u00e9paratoire.\u00a0<\/p>\n<p>A l\u2019Ecole, nous avions <i>Le Populaire<\/i>, <i>L\u2019Huma<\/i>, <i>Franc-Tireur<\/i>, <i>L\u2019Aurore <\/i>et <i>Le Figaro<\/i> qu\u2019elle recevait pour nous, les \u00e9l\u00e8ves. Avant et apr\u00e8s les repas, on jetait un coup d&#8217;\u0153il \u00e0 toute cette presse et on se faisait notre opinion.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><i>Le Monde<\/i> que nous achetions pour nous,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>nous le gardions dans notre chambre. J\u2019\u00e9tais de gauche et \u00e0 l\u2019Ecole je me sentais plus proche des communistes que des socialistes. Robert Lacoste, au minist\u00e8re de l\u2019Alg\u00e9rie, et Guy Mollet, \u00e0 la pr\u00e9sidence du Conseil des ministres, avaient d\u00e9finitivement discr\u00e9dit\u00e9 les socialistes. J\u2019avais<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>\u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union de reprise de cartes \u00e0 la section du PCF de Seine-et-Oise, dont Saint-Cloud d\u00e9pendait. Georges Marchais \u00e9tait charg\u00e9 de repr\u00e9senter sa direction et de r\u00e9pondre aux questions de mes camarades. La fa\u00e7on dont il n\u2019a r\u00e9pondu \u00e0 aucune m\u2019a d\u00e9courag\u00e9. J\u2019ai parfois tract\u00e9 et d\u00e9fil\u00e9 avec les jeunes communistes. Quand un copain \u00e9tait pris \u00e0 coller des affiches par les flics ou la mairie r\u00e9actionnaire de Saint-Cloud, on payait tous son amende. C\u2019\u00e9tait beaucoup par rapport \u00e0 nos traitements de fonctionnaires stagiaires, mais nous \u00e9tions<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>tous solidaires.<\/p>\n<p>Par la suite, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 je travaillais \u00e0 Chypre,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 mon p\u00e8re de voter \u00e0 ma place pour Ren\u00e9 Dumont en 1974. Je ne m\u2019\u00e9tais pas content\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>d\u2019aller suivre mes cours \u00e0 l\u2019Ecole, \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie et en histoire \u00e0 la Sorbonne. Quand je d\u00e9couvrais des sujets<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>int\u00e9ressants,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>j\u2019allais aussi \u00e0 l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques ou \u00e0 l\u2019Institut national agronomique Paris-Grignon. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai entendu ce pr\u00e9curseur de l\u2019\u00e9cologie politique. Pour l\u2019agr\u00e9gation, nous devions \u00e9tudier, en plus de la France, de l\u2019Alg\u00e9rie du Maroc et de la Tunisie<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>un paquet d\u2019\u00e9tats ext\u00e9rieurs, notamment. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>toute l\u2019Am\u00e9rique andine du V\u00e9n\u00e9zu\u00e9la \u00e0 la Patagonie. A l\u2019oral j\u2019avais \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 sur le Chili central qui \u00e9tait, \u00e0 me yeux, la partie le plus simple pour le Chili !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au Bar du Matin \u00e0 Toulouse &#8211; 14 juin 2024. Pierre-Yves P\u00e9choux raconte son parcours professionnel et personnel dans les ann\u00e9es 1960, notamment sa premi\u00e8re affectation en tant que professeur au lyc\u00e9e Clemenceau \u00e0 Reims. L\u00e0, il a fait la connaissance d\u2019Alain Badiou, alors jeune enseignant, et a int\u00e9gr\u00e9 un groupe de jeunes professeurs, tous &hellip; <a href=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/2024\/06\/14\/rendez-vous-avec-pierre-yves-pechoux\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Rendez-vous avec Pierre-Yves P\u00e9choux<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-274","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/274","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=274"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/274\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":323,"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/274\/revisions\/323"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=274"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=274"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=274"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}