{"id":330,"date":"2024-10-26T11:48:09","date_gmt":"2024-10-26T09:48:09","guid":{"rendered":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/?p=330"},"modified":"2025-10-31T15:17:46","modified_gmt":"2025-10-31T14:17:46","slug":"quand-la-culture-transforme-la-ville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cerclebadiou.fr\/index.php\/2024\/10\/26\/quand-la-culture-transforme-la-ville\/","title":{"rendered":"Cr\u00e9er du commun"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LGDT-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-332\" srcset=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LGDT-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LGDT-300x225.jpg 300w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LGDT-768x576.jpg 768w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LGDT-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LGDT.jpg 2016w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Cercle Raymond-Badiou a trait\u00e9 de la mani\u00e8re dont la culture transforme la ville lors d\u2019une r\u00e9union organis\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion du nouvel op\u00e9ra urbain de la compagnie La Machine, Le Gardien du Temple. Plusieurs intervenants ont partag\u00e9 leurs exp\u00e9riences sur le r\u00f4le de la culture dans le d\u00e9veloppement urbain.<\/em><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Karine Daniel<\/em><\/strong><em> souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un soutien permanent aux structures culturelles au-del\u00e0 de la seule organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements. Elle met en avant des exemples de transformation urbaine par l\u2019art, comme le Guggenheim de Bilbao et les machines de l\u2019\u00cele de Nantes. Elle d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019un nouveau mod\u00e8le pour un financement plus durable des interventions artistiques.<\/em><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Claude Raynal<\/em><\/strong><em>&nbsp;d\u00e9crit comment il a utilis\u00e9 la culture pour revitaliser une commune de banlieue et attirer des artistes qui quittaient la ville-centre. Il met en garde contre les coupes budg\u00e9taires qui menacent ce secteur.<\/em><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c9ric Vanelle<\/em><\/strong><em>&nbsp;aborde la difficult\u00e9 de maintenir des structures culturelles comme le th\u00e9\u00e2tre du Grand-Rond, en soulignant le r\u00f4le crucial des aides publiques pour la production et la diffusion artistiques.<\/em><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Jean-S\u00e9bastien Steil<\/em><\/strong><em> explique l\u2019int\u00e9r\u00eat de d\u00e9finir une strat\u00e9gie visant \u00e0 construire une culture commune. Il donne des exemples de cr\u00e9ations artistiques dans des moments de crise ou de transformation sociale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>En somme, la culture, \u00e0 travers des initiatives artistiques vari\u00e9es, fa\u00e7onne l\u2019identit\u00e9 urbaine, renforce la coh\u00e9sion sociale et peut transformer en profondeur l\u2019image et la structure des villes.<\/em><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Vendredi 25 octobre 2024, \u00e0 l\u2019occasion du nouvel op\u00e9ra urbain de la compagnie La Machine, Le Gardien du Temple, le Cercle Raymond-Badiou se r\u00e9unissait pour \u00e9voquer les fa\u00e7ons dont la culture peut transformer la ville.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir remerci\u00e9 pour leur accueil, Jean-Fran\u00e7ois Laffont, pr\u00e9sident de l\u2019Ostal d\u2019Occit\u00e0nia&nbsp;\u2013 Maison de l\u2019Occitanie, et Florence Ginisty, pr\u00e9sidente de l\u2019association Nos conversations, ainsi que R\u00e9my Pech, pr\u00e9sident de l\u2019association des Amis de Jean Jaur\u00e8s \u00e0 Toulouse, Hugues Bernard, pr\u00e9sident du Cercle Raymond-Badiou, rappelle les objectifs fondateurs de ce rassemblement&nbsp;: alimenter la r\u00e9flexion de la gauche, encourager la d\u00e9mocratie locale et changer la ville en s\u2019inspirant de la figure du maire socialiste de la Lib\u00e9ration. La parole est donn\u00e9e \u00e0 trois personnalit\u00e9s&nbsp;: \u00c9ric Vanelle, membre du th\u00e9\u00e2tre du Grand-Rond, qui accueillit la premi\u00e8re r\u00e9union du Cercle Raymond-Badiou&nbsp;; Claude Raynal, s\u00e9nateur et pr\u00e9sident de la commission des finances du S\u00e9nat, \u00e9lu \u00e0 Tournefeuille qui a su maintenir la pr\u00e9sence dans la m\u00e9tropole de compagnies artistiques qui avaient pris pour habitude de quitter Toulouse et convaincre un concurrent politique de poursuivre le projet de La Machine \u00e0 Toulouse&nbsp;; Karine Daniel, \u00e9lue nationale engag\u00e9e, \u00e9conomiste qui fait le lien entre culture, cr\u00e9ativit\u00e9 et identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Karine Daniel<\/strong> rappelle, apr\u00e8s le propos introductif de Jean-Fran\u00e7ois Laffont, pr\u00e9sident de l\u2019Ostal d\u2019Occit\u00e0nia, que la culture est diverse et qu\u2019elle inclut notamment la question de la langue. S\u00e9natrice, elle veille \u00e0 l\u2019application de la loi du 21 mai 2021, de son coll\u00e8gue Paul Paul Molac, relative \u00e0 la protection patrimoniale des langues r\u00e9gionales. S\u2019appuyant sur l\u2019exp\u00e9rience de La Machine dont elle est administratrice, Karine Daniel d\u00e9fend l\u2019objectif d\u2019offrir aux compagnies de spectacles de rue un cadre p\u00e9renne, consciente de la difficult\u00e9 de faire vivre de telles structures toute l\u2019ann\u00e9e en dehors des temps des parades ou des spectacles. Au S\u00e9nat, elle est membre de la commission de la culture et rapporteure pour avis des cr\u00e9dits des programmes&nbsp;cr\u00e9ation&nbsp;et transmission des savoirs et d\u00e9mocratisation de la culture. Aussi insiste-t-elle sur l\u2019importance de soutenir les artistes, un enjeu d\u2019autant plus essentiel que se pose la question de l\u2019annulation de certains spectacles et de la censure sous-jacente.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9voque l\u2019image de certaines villes attach\u00e9e \u00e0 une figure d\u2019artiste, qu\u2019elle soit \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb ou transgressive&nbsp;: Barcelone et Antoni Gaud\u00ed, New York et Jean-Michel Basquiat ou encore Amsterdam et Bansky\u2026 Certaines villes ont investi fortement dans l\u2019art pour leur d\u00e9veloppement&nbsp;: la Walker Art Gallery \u00e0 Liverpool ou le Guggenheim \u00e0 Bilbao dessin\u00e9 par Frank Gehry. \u00c0 Nantes, Karine Daniel rappelle qu\u2019elle est associ\u00e9e \u00e0 la revitalisation d\u2019une friche urbaine \u00e0 travers notamment le projet de l\u2019Arbre aux H\u00e9rons imagin\u00e9 et port\u00e9 par Fran\u00e7ois Delaroziere et Pierre Orefice, coauteurs des machines de l\u2019\u00cele de Nantes. Toutefois, aujourd\u2019hui, il est plus difficile de profiter des opportunit\u00e9s offertes par des transitions urbaines du fait des tensions qui p\u00e8sent sur le foncier, n\u00e9es des nouvelles politiques de densification urbaine et de transition \u00e9cologique. Mais une ville accueillante est une ville o\u00f9 les habitants peuvent partager des moments et des espaces communs. Si les grands \u00e9v\u00e9nements, comme celui de l\u2019op\u00e9ra urbain propos\u00e9 ces jours-ci, accueillent des spectateurs \u00e9trangers, ils s\u2019adressent d\u2019abord aux habitants d\u2019une agglom\u00e9ration, \u00e0 un tr\u00e8s large public par leur gratuit\u00e9 et leur investissement de l\u2019espace public. Au-del\u00e0 de la seule performance, les artistes montrent leur savoir-faire. Les ateliers de fabrication de La Machine par exemple repr\u00e9sentent un enjeu pour la formation \u00e0 des m\u00e9tiers tr\u00e8s techniques et des relations avec leur environnement industriel. L\u2019exemple du cheval m\u00e9canique qui surfait sur la Seine lors de la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture des jeux Olympiques de Paris 2024 t\u00e9moigne de cette excellence technique. Il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u dans l\u2019atelier Blam, cr\u00e9\u00e9 et dirig\u00e9 par Aur\u00e9lien Meyer, un ancien de La Machine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 1 % artistique, commande ou achat d\u2019\u0153uvre par le commanditaire d\u2019un b\u00e2timent public, repr\u00e9sente un soutien ind\u00e9niable pour le secteur en difficult\u00e9 des arts plastiques. La difficult\u00e9 se concentre parfois sur l\u2019entretien de ce patrimoine artistique. A propos des festivals, elle souligne le probl\u00e8me structurel de leur financement. Les sc\u00e8nes conventionn\u00e9es repr\u00e9sentent \u00e9galement une part importante du financement de la cr\u00e9ation et de la diffusion du spectacle vivant. Celles-ci favorisent tout un \u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 ne pas n\u00e9gliger. Mais cr\u00e9er une \u0153uvre, dont on ne conna\u00eet pas \u00e0 l\u2019avance le succ\u00e8s, a un co\u00fbt. Aussi l\u2019aide \u00e0 la cr\u00e9ation doit-elle \u00e9chapper au seul calcul de rentabilit\u00e9. L\u2019enjeu du soutien \u00e0 la culture et \u00e0 la vie associative n\u2019est-il pas un enjeu politique au sens large, celui de cr\u00e9er du commun et des espaces d\u2019un dialogue apais\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Claude Raynal<\/strong> revient sur les nombreuses initiatives qu\u2019il a prises en s\u2019appuyant sur la culture pour faire vivre une ville de banlieue prosp\u00e8re, une ville \u00e0 la campagne, qui n\u2019avait aucun plan de d\u00e9veloppement. Fort de l\u2019engagement \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s d\u2019une coll\u00e8gue \u00e9lue, Dany Buys, et du professionnalisme d\u2019un directeur des affaires culturelles, Fran\u00e7ois Lajuzan, et de ses services, il d\u00e9cide de b\u00e2tir la ville autour d\u2019une vie culturelle intense, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 Toulouse \u00e9tait elle-m\u00eame peu r\u00e9ceptive \u00e0 l\u2019innovation culturelle. Des acteurs culturels ont \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment d\u00e9\u00e7us \u00e0 l\u2019exemple de la compagnie Royal de Luxe, fond\u00e9e \u00e0 Toulouse par Jean-Luc Courcoult, qui est all\u00e9e trouver refuge \u00e0 Nantes. Tournefeuille ou Ramonville ont alors accueilli les artistes qui partaient de la ville-centre. Les d\u00e9parts vers Tournefeuille ont \u00e9t\u00e9 nombreux&nbsp;: Marionnettissimo, Cuba Hoy, l\u2019orchestre de chambre de Toulouse, L\u2019Usine ou encore Le Grenier de Toulouse. La situation a pu \u00eatre parfois compliqu\u00e9e, Tournefeuille ayant des moyens financiers largement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de Toulouse. Cette fragilit\u00e9 a pu \u00eatre \u00e0 l\u2019origine d\u2019incompr\u00e9hensions avec le monde culturel notamment lors de renouvellements ou de changements des \u00e9quipes. Convaincu que la culture est une richesse, Claude Raynal n\u2019a jamais regrett\u00e9 ses choix et parle avec \u00e9motion de l\u2019ambiance festive et du sens de l\u2019ouverture aux autres que le spectacle de rue provoque, quand, par exemple, tout un quartier se retrouve dans la rue. Il attire l\u2019attention sur la question du renouvellement des spectacles pour \u00e9viter qu\u2019ils ne s\u2019institutionnalisent. La culture, pour lui, c\u2019est le mouvement. Dernier sujet, la tension budg\u00e9taire. Des coupes peuvent \u00eatre d\u00e9cid\u00e9es rapidement notamment dans le domaine culturel. Aussi faut-il veiller \u00e0 ce que les arbitrages pr\u00e9servent des \u00e9quilibres. Et ce qui apparait trop vite comme non essentiel peut repr\u00e9senter en fait un sacrifice trop significatif. Il y a des choses moins utiles que la culture.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Eric Vanelle<\/strong> rappelle que le secteur de la culture accueille beaucoup de monde, \u00e0 l\u2019exemple du th\u00e9\u00e2tre du Grand-Rond malgr\u00e9 de faibles moyens. Cette petite structure de 120 places participe, toutefois, aux c\u00f4t\u00e9s de structures plus structurantes, les sc\u00e8nes conventionn\u00e9es, \u00e0 un m\u00eame \u00e9cosyst\u00e8me. Il alerte sur la baisse des aides publiques qui met en p\u00e9ril sa propre saison 2025-2026 et n\u2019\u00e9pargne aucun professionnel. Il salue le dispositif des arts de la sc\u00e8ne mis en place par la R\u00e9gion Occitanie et accessible \u00e0 bien des petites structures qui maillent le territoire r\u00e9gional et font preuve de cr\u00e9ativit\u00e9. Il interroge alors le mod\u00e8le h\u00e9rit\u00e9 de Malraux de rendre accessible les grandes \u0153uvres. Face \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que la culture n\u00e9cessite un investissement durable et au-del\u00e0 des manifestations \u00e9v\u00e9nementielles, il recommande de consolider, dans leur diversit\u00e9, les actuelles sc\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le lendemain, samedi 26 octobre, le Cercle Raymond Badiou donnait la parole \u00e0 Jean-S\u00e9bastien Steil qui proposait une mise \u00e0 distance du sujet des arts de la rue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_8564-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-335\" srcset=\"https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_8564-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_8564-300x225.jpeg 300w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_8564-768x576.jpeg 768w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_8564-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/cerclebadiou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/IMG_8564-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-S\u00e9bastien Steil, directeur du Centre culturel Les arts de lire \u00e0 Lagrasse, interroge la justification des d\u00e9penses culturelles sous l\u2019angle de l\u2019\u00e9conomie et de la question du vivre ensemble. Il pense en pr\u00e9ambule que la culture est un concept mal d\u00e9fini. Pour lui, la cr\u00e9ation artistique comprend \u00e0 la fois les langues, la gastronomie, les jeux vid\u00e9o et toutes les nouvelles formes d\u2019art. Les artistes sont des artisans exigeants qui ne sont pas d\u00e9positaires de la culture. C\u2019est un chantier collectif qui a la capacit\u00e9 de transformer la ville et \u00e0 \u00e9tendre le champ des possibles. La cr\u00e9ation artistique urbaine contribue, parfois, \u00e0 tisser des liens. Elle s\u2019inscrit dans un contexte nouveau et doit s\u2019accommoder aujourd\u2019hui de conditions s\u00e9curitaires drastiques suite aux attentats terroristes et \u00e0 la crise sanitaire. L\u2019art dans l\u2019espace public se r\u00e9alise en dehors des lieux habituellement d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019art comme les th\u00e9\u00e2tres, les galeries ou les salles de spectacles. La notion de vivre ensemble ne raconte pas grand-chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-S\u00e9bastien Steil propose quatre contributions. Tout d\u2019abord, l\u2019art dans l\u2019espace public peut, selon lui, \u00eatre le fondement d\u2019une culture commune comme lors de rites de passage. Il cite notamment le transfert au Panth\u00e9on des cendres des r\u00e9sistants Missak et M\u00e9lin\u00e9e Manouchian o\u00f9 l\u2019intervention artistique transforme l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Il \u00e9voque aussi des rituels de r\u00e9paration o\u00f9 l\u2019intervention d\u2019artistes permet de r\u00e9interpr\u00e9ter des \u00e9v\u00e9nements dramatiques comme le tsunami de 2004 au Sri Lanka qui causa la mort de plus de 30 000 personnes. Il sugg\u00e8re ensuite que l\u2019art dans l\u2019espace public mette en r\u00e9cit des transformations de la ville, avec une part d\u2019utopie. Ainsi, lors de l\u2019inauguration de nouveaux \u00e9quipements publics, tel le m\u00e9tro, ou d\u2019un nouveau quartier, des artistes peuvent mettre en sc\u00e8ne des zones de r\u00e9sistance. L\u2019assouplissement du r\u00e9gime des contraintes est ainsi port\u00e9 par la compagnie G\u00e9n\u00e9rik Vapeur \u00e0 Marseille. Les interventions dans l\u2019espace public peuvent susciter le d\u00e9bat ou des controverses comme le spectacle Le Gardien du Temple qui repr\u00e9senterait un blasph\u00e8me selon la droite catholique toulousaine. La commande publique n\u2019oblige pas \u00e0 \u00eatre consensuel. Il existe un combat culturel contre l\u2019extr\u00eame droite. Enfin, Jean-S\u00e9bastien Steil conclut sur la nature de l\u2019apport de l\u2019art. Les artistes peuvent inventer un r\u00e9cit, susciter la participation, imaginer une utopie, offrir des moments d\u2019\u00e9mancipation dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique mais ils ne peuvent pas r\u00e9parer une soci\u00e9t\u00e9 malade.<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.facebook.com\/plugins\/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FKarineDanielNantes%2Fposts%2Fpfbid02LwmeBLHWFwibcCCxrXgmjnLJxma5riaRb61pWaSkPJLoYRPmY3povvtj6keRVBBvl&#038;show_text=true&#038;width=500\" width=\"500\" height=\"250\" style=\"border:none;overflow:hidden\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"true\" allow=\"autoplay; clipboard-write; encrypted-media; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Cercle Raymond-Badiou a trait\u00e9 de la mani\u00e8re dont la culture transforme la ville lors d\u2019une r\u00e9union organis\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion du nouvel op\u00e9ra urbain de la compagnie La Machine, Le Gardien du Temple. 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